IMMEUBLE PANS DE BOIS EN COEUR D'ÎLOT
Paris 75006
Ravalement des façades d'un immeuble en pans de bois et reprises structurelles
363.000 € HT
2018-2023
Trois bâtiments d'habitation se succèdent dans la profondeur d'une parcelle du 6e arrondissement de Paris. L'immeuble sur rue et celui médian datent de la fin du XVIIIe siècle tandis que la maison au fond est plus tardive. Les cours privatisées par les logements à rez-de-chaussée sont fermées par de hauts murs élevés sur les limites latérales. Les parcelles voisines aussi sont densément construites.
Autrefois propriété unique, l'ensemble fut à un époque un hôtel puis les chambres furent vendues comme des studios avec autant de kitchenettes et de cabinets de toilette. En deux siècles, ces bâtiments n'avaient pas connus une telle multitude de pièces humides dont les émanations de vapeurs d'eau sont restées prisonnières des parois recouvertes d'un revêtement en plastique épais appliqué lors de précédents travaux.
Or ces parois contiennent les bois d'ossature qui structurent le bâtiment. Des sondages préalables avaient révélé l'importance des dégradations des pans de bois du bâtiment central dont le piochage complet des enduits a ensuite confirmé l'ampleur des ravages dus à l'humidité et au défaut de respiration des murs. Le bâtiment intermédiaire présente également deux grands pignons aveugles en moellons recouverts d'enduit. Outre les remplissages hétérogènes, le retrait des revêtements successifs a aussi permis de découvrir que le quatrième et dernier étage est une surélévation ancienne, de construction légère, sous un toit à deux pentes constitué d'une unique panne faîtière.
En trois endroits, les dégagements en façade ont fait apparaître des planchers intérieurs et de toiture-terrasse défaillants voire inexistants.
Des confortements structurels ont dû être installés en urgence durant ce chantier réalisé en milieu occupé, les habitants demeurant dans leurs logements.
Les pans de bois et les planchers ont été réparés et consolidés au moyen de techniques mixtes : des bois réduits en poussière ont été remplacés par des sections identiques de chêne, des éléments métalliques soudés et boulonnés ont permis de renforcer pans de bois et planchers tout en immobilisant des assemblages parfois délicats, enfin des barres d'armatures en acier coulées dans de la résine ont reconstitués des abouts de poutres disparus. Un plancher de terrasse a été restructuré après avoir été allégé des couches de différents sols qui le chargeaient de manière excessive puis son étanchéité refaite sur un support adapté.
La toiture a été renforcée d'un tirant transversal reprenant les poussées des versants dont le chevronnage a été doublé dans la hauteur, faute de panne intermédiaire. Le toit a reçu une isolation et une nouvelle couverture en zinc.
Les façades en pans de bois mais également les héberges et les murs de clôtures en moellons ont reçu un enduit traditionnel à base de chaux et de plâtre, un mélange ouvert à la diffusion de vapeur d'eau. Les reliefs ont été restitués et couverts de zinc pour protéger les façades du ruissellement. Ce sont au total plus de 640 m² de parois (façades et héberges) qui ont été traités depuis des échafaudages dont la majorité reposait sur les propriétés voisines mais desservis uniquement depuis le centre de la parcelle relié à la rue par un couloir étroit.